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Urien-Lefranc Fanny

par Nadine Boillon - publié le

Fanny URIEN-LEFRANC

Mail : urienfanny@yahoo.fr

Qualifiée aux fonctions de Maître de conférences en anthropologie biologique, ethnologie, préhistoire – section 20 et en histoire et civilisations : histoire des mondes modernes – section 22.

Docteure en anthropologie sociale et ethnologie à l’EHESS et membre de l’Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain (IIAC, UMR 8177, EHESS-CNRS), j’ai également enseigné l’anthropologie à l’INALCO et au CPES (Université PSL).

Mes domaines de recherches portent sur l’anthropologie du religieux et du politique en situation touristique et patrimoniale. Mon travail s’est particulièrement attaché à analyser les rapports aux lieux et aux territoires dans des situations de conflit ainsi qu’aux modes de fabrication et de légitimation de l’ « autochtonie » par les acteurs, avec une attention portée à la pluralité des échelles (local, national, supranational et global).
Par ailleurs, l’étude d’archives administratives et de documents édités à la suite d’expéditions d’anthropologie physique et génétique ont apporté une dimension épistémologique à mon travail. Ainsi, à partir du cas samaritain, je me suis attachée à l’analyse du processus par lequel la production du savoir scientifique a pu engendrer des catégories sociales et, ce faisant, participer à l’élaboration de statuts administratifs spécifiques.

Situées dans la lignée de mon travail doctoral, mes recherches actuelles articulent deux axes : d’une part, elles consistent à étudier la mise en réseau de groupes religieux samaritains transnationaux (au Brésil, aux États-Unis, en Indonésie et en Italie) dans une perspective comparatiste. Ce phénomène met en jeu la rapide diffusion, par le biais des NTIC, d’un discours sur la culture et la religion. Par-là, je souhaite questionner le rapport au territoire dans des situations de transnationalisations, ainsi que la réappropriation des discours sur la tradition dans des cas de recréation et d’adaptation du religieux et du culturel. Ce thème dédie donc une large place à la patrimonialisation et la circulation des images et des objets du religieux dans le monde globalisé.
D’autre part, il s’agit d’examiner le recours de groupes ethniques aux tests ADN comme modes d’identification à une généalogie commune, tests qui s’inscrivent, bien souvent, dans la continuité de l’anthropologie physique. Outre une étude épistémologique originale de la discipline, cette recherche pointe les cas où la génétique des populations entre en jeu dans l’acquisition d’une citoyenneté ou génère un statut administratif singulier. J’entends élargir ce sujet à l’étude des usages récréatifs des tests génétiques d’origine en constant développement. Le curseur sera placé ici sur les changements d’identifications suscités par ces tests : des conversions religieuses au tourisme des racines (le partenariat d’une grande entreprise de génétique avec le site d’hébergement Airbnb pour promouvoir des « voyages génétiques » est un exemple parmi d’autres). Dans ce contexte, le corps peut être appréhendé comme un nouveau patrimoine, mis en exergue pour faire valoir une relation privilégiée à un territoire et à une identité.

Mots-clés : Anthropologie religieuse, historique et politique ; épistémologie ; patrimoine matériel et immatériel ; tourisme ; frontières et circulations ; ethnicité ; orientalisme ; imaginaires collectifs ; Internet ; Samaritanisme ; transnational ; Palestine ; Israël ; Brésil ; anthropologie et pédagogie.

Activités de valorisation de la recherche

Parallèlement à mes recherches, je suis investie dans la médiation scientifique « hors des murs » de l’université. J’ai été co-directrice chargée de projets à l’association Ethnologues en herbe dont l’objectif est de diffuser auprès des publics scolaires (de l’école primaire au lycée), les méthodes de l’ethnologie, en particulier l’enquête de terrain, ainsi que de sensibiliser les jeunes à ses thèmes centraux. J’ai participé à la mise en place et l’animation d’ateliers d’ethnologie dans des écoles à Paris, en Seine-Saint-Denis et dans le Val d’Oise et est aussi intervenue comme formatrice pour adultes (en particulier pour les acteurs socio-éducatifs). Composée d’ethnologues, de sociologues et de spécialistes de l’audiovisuel, l’association forme également les participant.e.s à valoriser les résultats de leurs enquêtes par l’initiation à diverses pratiques créatives et artistiques (vidéos, photographie, documentaires sonores et graphiques, etc.).


Parcours universitaire :

2011-2019 : Doctorat en anthropologie sociale et ethnologie – (EHESS-IIAC/LAHIC), soutenue le 08 octobre 2019, à l’EHESS.
Menée sous la co-direction de Sossie Andézian et d’Enric Porqueres i Gené.

Composition du jury :
• Emma Aubin-Boltanski (CNRS)
• William Berthomière (CNRS)
• Hamit Bozarslan (EHESS)
• Christian Décobert (CNRS)
• Erwan Dianteill (Université Paris Descartes-Président du jury)
• Isabelle Rivoal (CNRS).

2008-2011 : Master en Sciences des religions et Société, EHESS (mention très bien, 18/20)

2007-2008 : M.A. à l’Université de Haïfa.

Publications :

2020, « From Religious to Cultural and Back Again : Tourism Development, Heritage Revitalization, and Religious Transnationalizations among the Samaritans », in Reinhard Pummer (dir.), Exploring Samaritanism, Religions 11, 86. URL : https://www.mdpi.com/2077-1444/11/2/86#abstractc

2018, « Une autre « Terre sainte » revendiquée : le mont Garizim des Samaritains », La Terre sainte en héritage, Éditions du Cerf.

2016, « Le mont Garizim, nouvelle « Genève de la paix » : une capitale sans territoire ? », Ethnologie française, XLVI, n°04. URL : https://www.cairn.info/revue-ethnologie-francaise-2016-4-page-669.htm

2014, « La Pâque samaritaine : l’annonce d’une paix future entre Israéliens et Palestiniens sur le mont Garizim », in Emma Aubin-Boltanski, Claudine Gauthier (dir.), Penser la fin du monde, CNRS Éditions, Paris.

2014, « La Pâque samaritaine, moment de la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens ? », in Yazid Ben Hounet, Sandrine Lefranc, Deborah Puccio-Den (dir.), Actes du colloque Justice, Religion, Réconciliation, L’Harmattan, Paris.

Travail de thèse : résumé et méthodologie

Mes recherches doctorales ont examiné les modalités d’articulation entre citoyenneté double, appartenance religieuse et revendications particularistes observées dans le processus de formation de la communauté samaritaine. Proches du judaïsme par la religion mais dont ils se démarquent, à la fois citoyens palestiniens et israéliens mais dont ils se distinguent, les Samaritains, qui constituent une minorité ethno-confessionnelle installée en Israël et en Palestine, manipulent leurs frontières identitaires pour s’ajuster à leur environnement, siège d’un conflit qui dure depuis des décennies.
L’examen des reconfigurations territoriales, administratives et politiques depuis la fin du XIXe siècle et la façon dont elles ont induit des déplacements multiformes (géographiques, sociaux, identitaires) pour les Samaritains donne un éclairage sur la manière dont celles-ci affectent leur géographie sociale et symbolique. Par le biais d’un mouvement de va-et-vient volontaire entre les matériaux historiques (textes de voyageurs, rapports d’explorations scientifiques, archives, recensements) et les données recueillies lors de l’enquête ethnographique, cette recherche a mis en perspective les effets de la production d’un « mythe orientaliste » dans les différentes phases de réajustement – d’ouverture et de fermeture – des frontières de la communauté. Elle s’est attaché à analyser comment la construction d’un particularisme samaritain joue un rôle décisif dans le processus d’attribution d’un statut social (économique, de prestige) et administratif (citoyenneté).
Au croisement des approches anthropologique et épistémologique, mon ambition était d’approfondir la réflexion sur les formes d’ « authentification savantes » (Ciarcia, 2003) des traditions samaritaines par le regard extérieur et leur réappropriation indigène, imbriquée aux enjeux sociaux et politiques. Ainsi, des écrits littéraires et scientifiques (dans le champ de l’anthropologie physique, de la génétique, de l’histoire et de la philologie) allant du XIXe au milieu du XXe siècle sont aujourd’hui mobilisés dans des contextes touristiques et patrimoniaux par différentes catégories d’acteurs. L’analyse des discours prononcés par les représentants samaritains en contexte touristique m’a permis d’appréhender l’investissement local de ces images – et leur circulation – dans les pratiques de valorisation du patrimoine et de resacralisation du lieu saint, le mont Garizim. Dès lors, celui-ci apparaît comme le point de repère symbolique et le support identitaire sur lequel sont projetés des imaginaires collectifs, communautaires, nationaux et transnationaux. Ma thèse ouvre également un dialogue sur la place d’internet et des réseaux sociaux dans les modes d’affiliations confessionnelles et la mise en réseau de communautés religieuses transnationales. Ces questionnements s’intègrent à des réflexions plus générales, relatives aux circulations et aux formes de réinvestissement et de re-sémantisation des images et des imaginaires dans le monde globalisé.
Ce travail s’appuie sur une enquête ethnographique de plusieurs mois sur le terrain israélo-palestinien, poursuivie en France lors des recherches de manuscrits des entrepreneurs culturels samaritains à la BNF (de 2014 à 2019), et au Brésil lors d’une enquête exploratoire de plusieurs semaines. Enfin, pour mieux cerner l’élaboration du statut juridique de la communauté depuis la création de l’État israélien, je me suis appuyée sur diverses sources et archives allant du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Ces sources ont mis au jour la manière dont la circulation d’images a joué un rôle dans l’acquisition par les Samaritains d’un statut social et administratif, aussi mouvant que singulier.

Enseignements et formations :

Chargée d’enseignement

2019-2020 : L3, « Anthropologie du Moyen-Orient », INALCO parcours « Études arabes » et parcours « Anthropologie » [TD-26h, effectifs : 25]

2019-2020 : L2, « Introduction à l’anthropologie et l’ethnologie », CPES (cycle pluridisciplinaire d’études supérieures-Université PSL) [2 CM hebdomadaires-60h, effectifs : 60]

Chargée de monitorat :

2014 : « Transmission et minorités : interroger les mécanismes de perpétuation de la mémoire au sein des groupes sociaux minoritaires », charge de monitorat, EHESS (24h)

Formatrice :

2019 : « Les apports de l’ethnologie pour mieux appréhender la diversité socio-culturelle à l’école », Cycle de formation à destination des personnels socio-éducatifs, organisé par le GIP Réussite Éducative, Mairie de Paris [9h, effectifs : 30]

2019 : « Comprendre les approches anthropologiques de la famille », Cycle de formation à destination des personnels socio-éducatifs, organisé par le GIP Réussite Éducative, Mairie de Paris [6h, effectifs : 30]

2018 : « Anthropologie de la petite enfance », Formation à destination des personnels de la petite enfance, organisée par la Mairie du 19e arrondissement [3h, effectifs : 15]


Organisation d’événements scientifiques et participation à des programmes de recherche collectifs :

2019 : « Loin du lieu saint : mobilité des frontières, transformations des usages et représentations du sacré dans les mondes musulmans », avec Elsa Grugeon, Atelier thématique – IIIe congrès du GIS « Moyen-Orient et Mondes musulmans », Paris 3-5 juillet 2019

2011- 2018 : Participation au groupe de recherche « Dynamiques de patrimonialisation des sites et rituels religieux », coordonné par Sossie Andezian, Christian Décobert & Anna Poujeau

2009-2013 : Participation au programme « Eschatologies » coordonné par Emma Aubin-Boltanski et Claudine Gauthier (ANR jeunes chercheurs)

2013 : « Patrimonialiser la terre sainte », Journée Doctorale organisée avec Elsa Grugeon, EHESS, 5 juin 2013


Financements et bourses :

2011-2014 : Contrat doctoral du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

2009 et 2011 : « Aide au terrain » de l’EHESS.

2007-2008 : Bourse de séjour à l’étranger attribuée par RIDF-AMIE, Aide à la mobilité internationale étudiante de la région Ile de France.
Bourse de l’association des Amis de l’Université de Haïfa.


Activités professionnelles liées à la recherche et à sa diffusion :

2018-2019 : Co-direction de l’association Ethnologues en herbe
-  Coordination et animation des ateliers
-  Réalisation d’outils pédagogiques
-  Formations pour adultes à l’ethnologie
-  Mise en place de projets et leurs financements (rédaction des appels à projet, valorisations, etc.)

2017 : Intervenante à l’association Ethnologues en herbe

Janv.–fév. 2011 : Stage conventionné au Centre de recherche français de Jérusalem (CNRS-MAEE)


Principales communications :

« Du matériau ethnographique à l’approche artistique : exemples associatifs de médiations scientifiques et culturelles », Audrey Dessertine, Chloé Godet (Association EthnoArt), et Salomé Delmotte (Association Ethnologues en herbe), Séminaire Musique, danse et restitution du savoir anthropologique, dirigé par Sara Le Ménestrel, Kali Argyriadis, Nicolas Puig, Gabriel Segré et Christophe Apprill, le 11 juin 2019.

« Quand l’espace numérique déplace les frontières territoriales. Les Samaritains d’Israël et de Palestine face à l’émergence de communautés transnationales “en ligne” », Le réel et le virtuel, Congrès du CTHS, Mucem, Marseille, 9-11 mai 2019.

« D’une pédagogie de l’enquête à l’enquête pédagogique. Transmettre l’ethnologie dans le cadre scolaire », colloque Ethnographies plurielles, « Le transmissible et l’intransmissible de la pratique ethnographique », organisé par la Société d’Ethnologie française, 11 octobre 2018.

« Transmettre l’ethnologie dans les classes », séminaire Anthropologie expérimentée : critiques, créations, engagements, dirigé par Anne Monjaret, 19 juin 2018.

« Revendiquer l’antériorité et prédire l’avenir dans la société palestinienne. Les Samaritains de Naplouse, de la pratique magique au lien social », Séminaire La magie dans l’Orient chrétien, juif et musulman : Comparaison de pratiques & pratiques en comparaison, dirigé par Ayda Bouanga, 10 juin 2016.

« Dynamiques patrimoniales dans la communauté samaritaine. (Ré)appropriations, recompositions et revendications », Atelier doctoral interdisciplinaire du programme MERAP-MED, « Faire et défaire le patrimoine religieux. Conflit, compétition et coopération à petite échelle », Lisbonne-Évora, du 1er au 5 juin 2015.

« Montrer ses origines à tout prix. Les Samaritains, entre attestation de l’autochtonie et mobilisations politiques », Journées doctorales de l’IIAC, 17 décembre 2014.

« Les Samaritains au 19e et au 20e siècle : Regards sur la généalogie », Séminaire Entre anthropologie et histoire : la généalogie, dirigé par Enric Porqueres I Géné et Jean-Paul Zuniga, EHESS, 28 avril 2014.

« La Pâque samaritaine : l’annonce d’une paix future entre Israéliens et Palestiniens sur le mont Garizim », Penser la fin du monde, Colloque international organisé par Emma Aubin-Boltanski et Claudine Gauthier dans le cadre du programme A.N.R. Eschatologies, EHESS, 18 et 19 octobre 2013.

« Retrouver un rituel « vieux de 3 000 ans » ? La Pâque samaritaine, entre mise en tourisme, tentatives d’appropriations et postures de résistance », Patrimonialiser la terre sainte, Journée doctorale organisée par Elsa Grugeon et Fanny Urien, EHESS, 5 juin 2013.

« Les Samaritains et le Mont Garizim (Palestine) : lieu de culte, lieu de vie et enjeu patrimonial », Séminaire de centre, LAHIC/IIAC : Dynamiques de patrimonialisation des sites et des rituels religieux, dirigé par Sossie Andézian, Christian Décobert et Anna Poujeau, EHESS, 6 janvier 2012.

« La Pâque samaritaine, le moment de la réconciliation entre Palestiniens et Israéliens », Justice, Religion, Réconciliation, colloque annuel de l’Association Française de Sciences Sociales des Religions (AFSR), organisé par Yazid Ben Hounet, Sandrine Lefranc et Deborah Puccio-Den, 7 février 2012.

« Construction d’un discours prophétique pendant la Pâque samaritaine : l’annonce d’une paix future entre Israéliens et Palestiniens sur le mont Garizim », Séminaire Religion et politique, attentes eschatologiques dans le monde contemporain dirigé par Emma Aubin-Boltanski et Claudine Gauthier, EHESS, 13 février 2012.

« Le mont Garizim et les Samaritains en Cisjordanie », Quels patrimoines pour quelles communautés ? Valeur sociale du patrimoine. Patrimoines et communautés religieuses, Journée d’étude organisée par le Ministère de la culture et de la communication, 12 mars 2012.

« Magical pratices among Samaritans », Mystik in Judentum und Islam, Antikes Judentum, veranstaltet von PD Dr. Ursula Schattner-Rieser, in zusammenarbeit mit dem Lehrstuhl von Prof. Dr. Jörg Frey, Universität Zürich (Suisse), 7-9 novembre 2011.

« Les Samaritains de Naplouse, rites et héritage », Centre culturel français de Naplouse (Cisjordanie), 25 Avril 2011.

« Figures de l’Apocalypse dans la religion samaritaine. Croisements, articulations et constructions », Religion et politique, attentes eschatologiques dans le monde contemporain, séminaire dirigé par Emma Aubin-Boltanski et Claudine Gauthier, EHESS, 3 janvier 2011.