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Alevêque Guillaume

par Chrystèle Guilloteau - publié le

 

Postdoctorant au IIAC (labex CAP)

Mail : alevequeguillaume chez yahoo.fr

Projet intitulé : Qu’est-ce qu’une idole ? De l’iconoclasme chrétien à la patrimonialisation en Polynésie française.

Postdoctorant au Quai Branly

Postdoctorant à l’University College London (Bourse de la Fondation Fyssen)
Docteur en anthropologie sociale et ethnologie, EHESS, 2015 (dir. S.Tcherkézoff).

Domaines de recherche

Polynésie française ; créations et innovations du rituel, autochtonie et mouvements identitaires, histoire de la christianisation et des premiers contacts.

Résumé thèse

Ma thèse traite de la réappropriation symbolique de l’identité collective dans le processus de transition postcoloniale en Polynésie Française, à travers la notion de « culture » et les représentations de soi qu’elle mobilise. Autrement dit, il s’agit de comprendre ce que cela représente pour les individus d’avoir une « culture » et comment certaines pratiques sont considérées, négociées et revendiquées comme « culturelles ». Cette recherche s’attache en particulier au cas d’un mouvement identitaire récent composé d’« associations culturelles ». Par le biais de leurs pratiques, largement inspirées de références préchrétiennes, mais explicitement considérées comme des innovations, ces associations militent pour un éveil culturel de la population afin de lutter contre « l’acculturation occidentale » qui, selon leurs membres, menace la société.
Ainsi, dans le contexte d’entre-deux politique mais aussi symbolique que représente le statut d’autonomie de la collectivité territoriale, ce mouvement associatif tente d’imposer sa légitimité et son expertise quant à la définition de l’identité. En ce sens, il s’oppose aux pouvoirs publics eux-mêmes engagés dans un processus de fabrication de la nation et à l’Église protestante qui tente de maintenir son aura et son influence en proposant une « tahitianisation » de sa liturgie. Pour cela, les membres de ces associations entreprennent d’importantes recherches dans les sources historiques, consultent des études d’ethnologues ou d’archéologues et conduisent des entretiens auprès d’informateurs âgés. Ils tentent ainsi de retrouver des savoirs et des savoir-faire perdus, mais aussi d’élaborer des pratiques qui leur permettront de « réveiller » et de « ressentir » une culture jugée simultanément menacée, perdue et inaliénable. Or, pour cela, l’aide des ancêtres est requise, mais les moyens rituels d’assurer cette présence ne sont pas considérés comme totalement maitrisés par les pratiquants.
L’analyse détaillée des pratiques de ce mouvement associatif montre ainsi que la manière dont elles sont imaginées, élaborées et exécutées renvoie à une relation ambigüe à l’ancestralité. Sur ce point, une étude historique associée à l’enquête ethnographique du présent met en lumière que ces pratiques, bien qu’extrêmement novatrices, expérimentent dans un domaine où les représentations de la personne, du passé et de l’imputation du malheur héritées de la christianisation et de la colonisation demeurent présentes.

Publications :

Alevêque G., La réapropriation identitaire en Polynésie française : Héritage, appartenance et représentations de soi, in Allard P., Heintz M., Muller C., dir., Transitions historiques : rythmes, crises, héritages, de Boccard, Paris, 2016.

Alevêque G., The rise of the Pleiades : the quest of identity and the policy of tradition in French Polynesia, in Hviding E., Rio K. M. eds., Made in Oceania, Social movements, cultural heritage and the state in the Pacific, SK Publishing, UK, 2011.

Alevêque G., La ritualisation de la culture en Polynésie française : enjeux politiques et sociaux, in Ciarcia G., dir., Ethnologues et passeurs de mémoires, Karthala, Paris, 2011.