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Eunsil Yim - Coréens au Kazakhstan : construction sociale de l’identité "Minorité - Diaspora"

par Chrystèle Guilloteau - publié le

Résumé

A la disparition de l’Union soviétique en décembre 1991, les Coréens du Kazakhstan – ceux issus des populations déportées en 1937 des régions de Vladivostok –, voient la question de leur identité collective s’inscrire dans des conditions sociales nouvelles et inédites. Même si la définition légitime de l’identité coréenne reste du ressort de l’Etat, elle devient, pour la première fois, l’objet d’actions de mobilisation de diverses catégories d’agents sociaux. Les sphères sociales dont sont issus ces agents sont non seulement publiques, comme les organismes étatiques chargés de formaliser des normes juridiques et administratives censées instituer l’identité nationale nouvelle, celle kazakhstanaise, et d’inventer des emblèmes et des symboles qui lui correspondent, mais également privées. Il s’agit, entre autres, des structures nouvelles, à vocation culturelle, nées dans le sillage de la perestroïka de la fin des années 1980 sous la forme de centres culturels. Instance de canalisation des activités et des manifestations culturelles à leurs débuts, ces organisations évoluent rapidement pour devenir également le lieu de socialisation des élites coréennes qui les dirigent. Issus des milieux académique, culturel, économique et politique, ces dirigeants s’approprient la question de l’identité coréenne en la transformant en un enjeu de luttes de pouvoir autour du monopole de représenter, c’est-à-dire d’agir et de parler pour et au nom de la minorité coréenne. Cette thèse se propose d’analyser la problématique identitaire des Coréens du Kazakhstan qui émerge ainsi dans le Kazakhstan postsoviétique en l’appréhendant en termes de lutte symbolique dans laquelle diverses catégories d’agents poursuivent une même entreprise, celle de produire, promouvoir, diffuser, bref, légitimer les représentations qu’ils font de l’identité coréenne. Fondée essentiellement sur les investigations empiriques, elle s’attache à mettre en lumière le double fait identitaire « minorité/diaspora » constitutif de la condition sociale structurelle des Coréens du Kazakhstan d’aujourd’hui, puisque ces Coréens sont tout à la fois une minorité de l’Etat kazakhstanais et une diaspora de la Corée divisée en deux Etats opposés, la Corée du Nord et la Corée du Sud.

Sous la direction de Jean-François Gossiaux.

Soutenue en 2012

à Paris, EHESS