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Maxime Vanhoenacker - "Suis-moi et tu seras autonome !" : ethnographie de la citoyenneté dans le scoutisme laïque des EEDF

par Chrystèle Guilloteau - publié le

Résumé

Dans le groupe éclé s’organisent la vie communautaire et les pratiques éducatives propres à cette société de jeunes. Le groupe est l’émanation locale des Éclaireuses et Éclaireurs de France (EEDF), mouvement de scoutisme laïque et mixte, dont l’ambition est de former des citoyens « actifs », « engagés » et « responsables ». Pourtant, dans le flot quotidien des situations d’animation, des discussions pédagogiques et des engagements militants, les respons, jeunes adultes bénévoles qui conduisent le groupe, ne font pas usage, à première vue, de ce terme de « citoyenneté ». L’existence précaire du groupe éclé impose ses urgences : il y est essentiellement question de réussir à organiser un camp, de renouer des relations avec la Mairie et d’impliquer les familles dans le vie collective. La recherche des situations dans lesquelles les éclés parlent de – ou plus rarement écrivent – la « citoyenneté » va conduire à repérer des fragments de citoyenneté ordinaire dans le groupe local : ils se situent dans les rituels d’engagement organisés durant les camps (la Règle d’Or), dans les discours des respons arrivés à un certain degré de formation militante (second degré), et sont prolifiques dans tous les écrits qui émanent du siège national. En suivant ces pistes, il s’avère que la « citoyenneté aux éclés » est une parole adulte sur ce que doit être ce mouvement de jeunesse : un lieu idéal d’émancipation par l’éducation, aux côtés de l’École publique. La « citoyenneté aux éclés » est une croyance que défendent des initiés qui ont en charge la bonne marche du mouvement au niveau national et qui, donc, sont confrontés aux tendances centripètes des groupes locaux et des engagements individuels. La citoyenneté est affirmée comme symbole d’unité du mouvement. C’est un idiome qui a aussi une portée publique : il renvoie à la position institutionnelle des éclés dans l’arène publique de l’éducation post-scolaire, associés aux autres mouvements laïques de l’éducation populaire.

Sous la direction de Catherine Neveu.

Soutenue en 2012

à Paris, EHESS