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Giulia Mensitieri - "La chance d’être là" : le travail dans la mode entre glamour et précarité

par Chrystèle Guilloteau - publié le

Résumé

Cette thèse explore les formes de précarité dans le capitalisme contemporain à partir de la mode. Par une ethnographie menée auprès des travailleurs de « l’immatériel », à Paris et à Bruxelles (stylistes, mannequins, photographes, créateurs, journalistes, maquilleurs…), j’y explore le système de la mode, en analysant les circulations globales des imaginaires, des produits et des travailleurs, aussi bien que les productions de subjectivités et les modes d’assujettissement qui sont propres à cette industrie. Les restructurations du capitalisme du demi-siècle dernier ont fait de la mode « le rêve », à savoir la projection idéale des imaginaires capitalistes, mais aussi un horizon désirable pour les subjectivités que le capitalisme même produit. La thèse montre que, dans la mode, les productions d’imaginaires et les productions matérielles sont étroitement imbriquées. En outre, l’économie de la mode repose sur une règle du jeu selon laquelle les métiers et les prestations professionnelles les plus valorisés sont les moins payés. Le prestige et le pouvoir symbolique conférés par le fait d’« être là », dans la mode, y sont indissociables d’un certain degré de domination et de précarité. En allant au-delà de l’imaginaire d’exceptionnalité médiatisé de la mode, il ressort de l’enquête que les travailleurs eux-mêmes combinent esprit entrepreneurial, incorporation des dominations et précarité. Dans la mode, la subjectivité est utilisée aussi bien pour la composante créative du travail, que pour la gestion des émotions, du corps, et des relations, comme dans de nombreux autres secteurs des productions néolibérales.

Sous la direction de Michel Agier et de Jonathan Friedman.

Soutenue en 2016

à Paris, EHESS .