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Laura Guérin - Manger ensemble. Mourir ensemble. Ethnographie du repas collectif en Ehpad

par Chrystèle Guilloteau - publié le

Résumé

A partir d’une démarche ethnographique, cette thèse interroge le maintien du repas collectif en Établissement d’Hébergement pom Personnes Âgées Dépendantes (Ehpad). Préconisé par les politiques de santé publique et la littérature professionnelle comme gage de soin et de sociabilité, le repas en commun n’en est pas moins une épreuve quotidienne au sein des établissements, qui impose des ajustements pratiques afin de correspondre, autant que possible, aux attentes sociales qu’il cristallise. Parce qu’il exige chaque jour la mise en groupe des résidents, concentre la vie en collectivité, nous l’examinons comme un dispositif particulier de socialisation de la vieillesse dite dépendante. Deux axes d’analyse sont alors privilégiés. D’une part, il s’agit de saisir le repas collectif en Ehpad comme le résultat d’un travail particulier : un ensemble de manières de faire et de dire qui agissent sur les résidents, et dont les visées principales sont l’incorporation alimentaire et le maintien des dispositions sociales. D’autre part, l’analyse des embarras professionnels qu’un tel travail engage, et les formes d’opposition des résidents qui lui correspondent, permettent de dépasser la seule médicalisation des comportements. Le matériel d’enquête se compose d’observation participante dans trois établissements en tant que membre stagiaire du service de restauration, à laquelle s’ajoute une analyse des recommandations de bonnes pratiques professionnelles rédigées par la Haute Autorité de Santé (HAS) et l’Agence Nationale d’Évaluation des Services sociaux et Médico-sociaux (ANESM). Grâce à une recension de littérature biomédicale, l’appréhension du décalage entre les normes et les pratiques est situé dans un espace de référence plus large, là où se construil de manière savante la prise en charge de la dénutrition. Enfin, une mise en perspective historique du repas en Ehpad, par la prise en compte du repas à l’hospice à la fin du XIXe siècle et les thèses médicales sur la nutrition au grand âge qui lui font suite, fait apparaître l’évolution du traitement de la vieillesse par les consommations. Dans son ensemble, c’est le gouvernement des corps qui est interrogé dans sa disposition à produire des espoirs quant au maintien de la vie matérielle et symbolique des individus reconnus comme vulnérables, supposés bientôt mourir.

Jury

M. Claude Fischler (Directeur de thèse), CNRS
M. Luc Berlivet, CNRS
M. Michel Castra, Université Lille 3
M. Patrice Cohen, Université de Rouen
Mme Agnès Giboreau, Institut Paul Bocuse
Mme Marie-Christine Pouchelle, CNRS
M. Bertrand Ravon, Université Lumière Lyon 2
M. Georges Vigarello, EHESS

Mercredi 19 octobre 2016 - 14:00

EHESS - Bâtiment Le France (salle du Conseil A) - 190-198, avenue de France 75013 Paris