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Accueil > L’ Iiac > Activités scientifiques > Séminaires et enseignements de l’IIAC 2018-2019

Socio-philosophie du temps présent. Enjeux épistémologiques, méthodologiques et critiques

par Nadine Boillon - publié le

Pierre-Antoine Chardel, professeur à l’Institut Mines-Télécom (TH) ( IIAC-LACI )

Valérie Charolles, conseillère référendaire à la Cour des comptes ( IIAC-LACI )
Gabriel Rockhill, professeur à l’Université Villanova (USA) ( Hors EHESS )

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Jeudi de 17 h à 20 h (salle AS1_23, 54 bd Raspail 75006 Paris), les 29 novembre, 20 décembre 2018, 31 janvier, 7 février, 7 mars, 4 avril, 6 et 20 juin 2019. La séance du 20 décembre 2018 aura exceptionnellement lieu en salle BS1_05, 54 bd Raspail 75006 Paris, la séance du 20 juin 2019 aura exceptionnellement lieu en salle AS1_24, 54 bd Raspail 75006 Paris

Le séminaire réfléchit aux conditions de possibilité de l’émergence d’une socio-philosophie du temps présent. Il continuera à prendre cette année la démocratie et les innovations technologiques comme champs de questionnement pour justifier cette articulation entre philosophie et sociologie. La conviction qui anime cette ambition de délimiter un tel geste, à la fois pratique et théorique, renvoie d’une part au fait que les complexités du monde actuel nous incitent à interroger la manière dont nous pouvons philosophiquement nous en saisir tout en échappant aux tentations de leur mise en système. D’autre part, la plupart des crises auxquelles nous nous heurtons (sur le plan économique, politique ou écologique) nous imposent de réfléchir aux enjeux épistémologiques, éthiques et méthodologiques de nos pratiques théoriques en vue de questionner leurs fondements, leurs présupposés, mais également leur ethnocentrisme sous-jacent.

Nous assumerons dans cette perspective le fait que la philosophie doit, plus que jamais, se pratiquer en se tenant au plus près des affaires humaines, en tissant de la sorte un dialogue aussi riche que possible avec les sciences sociales (la socio-anthropologie, la socio-histoire et la socio-économie plus particulièrement). Il s’agira enfin, dans le cours de nos séances, de nous pencher sur certaines grandes catégories de pensée dont nous avons principalement héritées d’une philosophie dite « gréco-occidentale », en essayant de les analyser à nouveaux frais en vue d’assumer une pratique théorique immanente et plurielle qui puisse s’attacher à forger des cartographies alternatives dans notre compréhension du monde au travers de ses dimensions sociales, technologiques, matérielles et symboliques. Car il y a toujours plusieurs forces à l’œuvre dans ce que l’on désigne par les termes de démocratie dite « représentative », d’« économie néolibérale » et de « révolution numérique ». Compte-tenu de la pluralité des facteurs qui interviennent dans la construction de nos univers intimes, économiques, sociaux, culturels et symboliques, force est de reconnaître que « le monde contemporain » est constitutivement multidimensionnel, porté par des régimes d’énonciation hétérogènes : il appelle l’élaboration d’une pensée critique du temps présent, qui se confronte au plan épistémologique, méthodologique et éthique à ces différences. Nous poursuivrons ainsi la forme de questionnement mise en œuvre en 2017-2018 autour d’une approche socio-philosophique de la démocratie et des environnements technologiques.

Valérie Charolles est philosophe et économiste et chercheure associée au IIAC-LACI.