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Laci - Laboratoire d’anthropologie critique interdisciplinaire

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Projet scientifique

- Axe 1 : Pierre-Antoine Chardel (pierre-antoine.chardel@ehess.fr), Valérie Charolles (valerie.charolles@gmail.com), Sophie Wahnich (sophie.wahnich@ehess.fr) : « Enjeux épistémologiques de la critique »
- Axe 2 : Catherine Neveu (catherine.neveu@ehess.fr), Evelyne Ribert (ribert@ehess.fr) : Observatoire de l’ethos démocratique des sociétés contemporaines
. Inventivités par rapport à l’ethos démocratique
. Inventivités artistiques
. Fragilités (dont migrations)
- Axe 3 : Sergio Dalla Bernardina (sergio.dalla-bernardina@univ-brest.fr), Evelyne Ribert (ribert@ehess.fr) : Territoire, Nature, Ecosystèmes complexes


Enjeux épistémologiques de la critique :

Les complexités du monde actuel nous incitent à interroger la manière dont nous pouvons philosophiquement nous en saisir, tout en échappant aux tentations de leur mise en système. D’autre part, les vicissitudes et les crises du temps présent supposent un questionnement sur nos pratiques théoriques elles-mêmes – leurs fondements, leurs effets de structuration et d’exclusion, leur ethnocentrisme pour certains domaines – dans un dialogue à la fois direct et indirect avec divers courants de pensée : de l’herméneutique philosophique et sociale aux théories critiques, en passant par les philosophies de la différence ou encore des penseurs tels que Cornelius Castoriadis, Andrew Freenberg et Judith Butler, notamment.
En ce début de XXIème siècle, il est urgent de considérer à quel point les phénomènes de mutation sur le plan économique, politique, social, écologique et technologique nous appellent à revoir certaines grandes catégories de pensée et à redéfinir des angles de perception de nos environnements complexes. En faisant face au défi de penser aussi rigoureusement que possible la conjoncture contemporaine à partir de ses ancrages socio-historiques, la « Socio-philosophie du temps présent » vise à forger de nouveaux outils d’analyse nous permettant d’interroger de façon critique le réel que nous sommes en train de construire, en allant ainsi à contre-courant des visions du monde qui seraient décidées d’avance pour nous, ou qui seraient écrites une fois pour toutes. Pour cela, il nous apparaît impérieux de faire bouger les lignes de fracture disciplinaires, les classifications habituelles, les paramètres conceptuels établis, les partages de sensibles institués, voire la division internationale du travail intellectuel. C’est au fond la mise en question et la prise en charge d’un réel qui se fait – et se défait – qui nous intéresse, avec ses soubassements pratiques et les luttes qui le traversent. À cette fin, il ne suffit pas de répéter les stratégies bien attestées des institutions de pouvoir intellectuel qui consistent à dénigrer les anciens systèmes au nom de la nouveauté absolue, que ce soit le parricide d’un quelconque « maître à penser », la prétention à un dépassement d’une tradition spécifique, ou la condamnation de tous ses prédécesseurs. Il s’agit aussi par là même d’ouvrir une réflexion foncièrement transnationale qui puisse s’inspirer d’un grand nombre de positions ou d’expériences intellectuelles (parfois radicales) qui restent encore trop marginalisées.
Or, la pensée philosophique et critique fait aujourd’hui face à une forme dominante des sciences humaines et sociales dans laquelle le recours à la quantification, aidé en cela par la technique, apparaît comme le mode majeur de constitution de la vérité et de lecture des faits. Interroger de façon critique l’épistémologie en jeu dans le chiffrage du monde, en particulier en économie, est une voie dont nous considérons qu’elle peut être féconde, non seulement pour déconstruire certains présupposés ou usages mal fondés, mais aussi pour ouvrir des espaces de reconstruction, permettant de voir à partir de quels angles le réel nous appartient ainsi que son cours futur, au niveau individuel et collectif. Cette Critique du néo-positivisme ou du scientisme sur son propre terrain, celui de son épistémé, emporte des questionnements sur la manière dont le réel se construit et sur les diverses catégories de pensée que nous utilisons pour le dévoiler et en prévoir le déroulement : faire de la temporalité un élément central d’analyse, prendre au sérieux les différents espaces dans lesquels elle se déploie, explorer les formes de causalité non déterministes qui pourraient être avec raison mises en avant contre un rationalisme étroit, issu d’une vision purement physique du déroulement des faits, et dépassé depuis plus d’un siècle dans le champs de la physique. L’enjeu est également de se pencher sur les différents lieux d’énonciation de vérités, et notamment de celles qui se construisent dans l’histoire et dans l’acte démocratique, en partie dépossédé de sa force de vérité par la référence omniprésente à une « objectivité » du raisonnement numérique qui ne résiste pas, dans l’essentiel des cas, à l’analyse.
Face à l’expérience partagée d’une fragilisation de la démocratie liée à celle d’un savoir éclaté, sans normes communes, sans pierre de touche dans l’exercice de la critique, nous mettrons également en relation notre inquiétude et l’inquiétude qui a surgi à la fin du XVII et au XVIIIe siècle face à l’émergence de la pluralité des croyances autour du thème « Consentement, croyance et vérité : l’inquiétude des Lumières comme laboratoire pour aujourd’hui ». Cette recherche présente trois volets. Le premier consiste à revisiter avec le plus grand sérieux les questions des philosophes et des acteurs politiques des Lumières quand à cette inquiétude d’un corps social fragmenté par la liberté de penser et les manières dont ils y ont répondu en termes de religion civile et de partage des savoirs. Le second consiste à examiner nos pratiques scientifiques ordinaires et à pointer ce qui relève d’un rituel vide de critique et ce qui relève véritablement d’un débat critique afin de mettre à l’épreuve l’analogie entre le laboratoire des Lumières quant au religieux et au civil et notre présent quant au savoirs scientifiques en sciences humaines et sociales. L’attention sera alors portée sur la manière dont les questions de théorie scientifique peuvent se répercuter sur les questions politiques en démocratie. Nous tenterons alors de voir comment la société comme telle, réinvente un espace de la critique qui n’est pas seulement dissolvant de l’action politique en questionnant et les partages du savoir et la part délibérative dévolue ou demandée à l’exercice de la souveraineté démocratique contemporaine.
Il s’agira ainsi dans cet axe aussi bien de dessiner les contours d’une nouvelle archéologie des savoirs et d’une anthropologie de nos pratiques intellectuelles que d’envisager autrement la cartographie des questionnements qui leur sont réellement et matériellement liés et de l’ouverture du réel qui peut en émerger. Ces travaux se réaliseront notamment dans le cadre du séminaire co-dirigé par Pierre-Antoine Chardel et Valérie Charolles à l’EHESS, "Socio-philosophie du temps présent. Enjeux épistémologiques, méthodologiques et critiques" et du séjour de recherche de Sophie Wahnich à l’université de Princeton sur "Consentement, croyance et vérité".

Ethos démocratique : entre inventivités et fragilités

Les recherches menées au sein de cet axe du LACI interrogent et explorent à travers différentes périodes, pratiques ou enjeux les formes contemporaines d’inventivités ou de fragilités de l’ethos démocratique actuel.
Bouleversements technologiques, défiance croissante vis à vis des institutions étatiques ou transformations profondes des modalités de fonctionnement de celles-ci, envie d’expérimenter dans les actes et les pratiques de nouvelles manières de faire société et de faire démocratie, sont autant de facteurs contribuant tant au renouvellement éventuel qu’à la fragilisation potentielle des formes démocratiques contemporaines, processus qui seront analysés par les chercheur.es participant à cet axe.
La réflexion croisée autour des « institutions civiles » sera une ligne de force de cet axe ; ces institutions, distinctes mais parfois articulées aux institutions étatiques, sont constituées par toutes les formes et espaces de socialité permettant que la question de la démocratie soit ressaisie et travaillée, y compris par le soutien et l’entretien d’affects sociaux comme l’amitié. Il peut s’agir, dans le cadre des travaux menés par les membres du LACI engagé.es dans cet axe, de considérer dans quelle mesure les centres sociaux (Catherine Neveu), actuellement investis dans une stratégie de reconquête d’une parole politique collective et d’un pouvoir d’agir face aux effets déstructurants de la crise et des politiques néo-libérales, se constituent et se pensent comme de telles institutions, en développant des initiatives économiques alternatives, de nouvelles manières de se relier et de « faire ensemble » (pour reprendre la notion proposée par M-I. Fernandez Alvarez à propos du contexte argentin de « hacer junt@s »). De manière plus générale, il s’agit de saisir, y compris dans d’autres contextes que français, les pratiques permettant de retisser la société dans les après-coup de la violence néolibérale.
Alors que la « crise des réfugiés » et l’arrivée de migrants, souvent instrumentalisées par les politiques, dans un contexte de montée des extrêmes droites et des populismes, suscitent des réactions très diverses allant de l’aide à l’hostilité, les initiatives visant à valoriser les mémoires et les patrimoines des migrations dont l’un des buts est de faciliter la reconnaissance des migrations passées et de favoriser l’accueil réservé aux migrations actuelles seront analysées et leurs effets étudiés (Evelyne Ribert, Marina Chauliac). Une réflexion globale sur les processus de qualification mémorielle et patrimoniale des traces des migrations sera menée. La migration, marquée le plus souvent par la pauvreté et la difficulté d’amener ou de conserver des objets personnels, questionne la possible existence d’artefacts à transmettre dans un espace public. Donner sens aux traces de la migration, les inscrire dans une histoire dont l’intérêt dépasserait le cercle intime est en outre loin d’aller de soi. Les traces devenues du « patrimoine » au sens savant et universel de l’Etat français ou de l’UNESCO ou dans une définition émic questionnent la façon dont la migration est perçue comme une ressource face à des enjeux actuels (montée des extrémismes, fractures sociales, politique d’accueil des réfugiés…). Une recherche-action au sein d’un centre d’accueil et d’orientation pour migrants sera menée avec deux artistes, dont l’objectif consiste non plus seulement à regarder les « restes » du passé mais à penser de façon prospective les traces d’une migration actuelle qui à priori, se caractérise par une mobilité importante et un faible ancrage sur un territoire.

De façon plus générale, l’interrogation porte sur les liens entre accueil des migrants, mémoires des migrations et rapports au passé (Evelyne Ribert, Sophie Wahnich). Quel rôle jouent les expériences passées (migratoires, d’hospitalité ou de rejet, d’engagements politiques, de guerres, de violences de masse), vécues ou transmises, ainsi que de la connaissance de l’histoire des migrations dans les représentations et les réactions actuelles face à l’arrivée des migrants : sur l’octroi ou le refus d’une aide aux migrants, sur les mises en œuvre d’une hospitalité ou sur l’émergence de mobilisations contre l’installation des migrants (camps, foyers, etc). Et quel est leur poids comparativement à d’autres facteurs tels que les discours médiatiques entre autres ? Deux approches seront combinées : une approche descendante, à travers l’étude des discours (politiques et médiatiques) et une approche ascendante permettant d’analyser comment l’existence ou non d’une référence au passé joue dans l’engagement, la non-action ou l’opposition des acteurs.
Ces recherches rejoignent une réflexion plus large sur la question du visible, de l’invisible et du trompe l’œil dans la construction anthropologique et politique de l’altérité (Nicole Lapierre). Les systèmes sociaux pratiquant l’exclusion des minorités sont obsédés par la visibilité des différences, au point de les fabriquer par un signe devenant signal, signalement et stigmate. A l’inverse, les système assimilationnistes sont obsédés par la ressemblance, au point de l’imposer, en effaçant tout signe distinctif.

Cet enjeu démocratique fait également l’objet des réflexions engagées sur la notion de témoignage telle qu’elle prend sens en art (O. Vincent) : de quoi et comment un artiste revendique-t-il de « témoigner », rendre compte d’un rapport au monde, par son œuvre autant que par la démarche qu’il engage ? Et à quelle attente de la part du public cette prise de parole répond-elle ? Quelle place cette pensée sensible et engagée, en position de résistance par rapport aux idéologies et aux discours dominants, occupe-t-elle dans notre culture aux côtés d’autres modes de pensée également institués, philosophique ou religieux en particulier ? Et quelle est celle des marginalités créatrices (Giordana Charuty) ? L’édition française commentée d’un texte d’un psychiatre russe, Pavel Karpov, L’activité créatrice des malades mentaux, qui paraît à Moscou, en 1926, dans le cadre des activités d’une nouvelle institution savante, l’Académie russe des sciences artistiques, complétée par l’analyse des activités de la commission qui réunit durant dix ans psychiatres, historiens de l’art, artistes, devrait permettre de rétablir les circulations culturelles qui ont nourri l’intérêt pour l’étude des processus créateurs durant les dix premières années du régime soviétique (en collaboration avec Elena Prosvetina). Parallèlement, à partir d’une critique de la catégorie d’"art brut", l’identification de marginalités créatrices au sein de sociétés locales (Italie du Sud) met en évidence les circulations entre les divers régimes de l’art que les historiens de l’art et les sociologues pensent, habituellement, comme successifs. On peut, ainsi, décrire une forme populaire de « religion de l’art » qui voit les créateurs greffer leur activité de création sur l’une ou l’autre des principales figures de la médiation religieuse disponibles dans le catholicisme coutumier ( le christ ; le saint, le guide des lieux saints, l’apocalypticien) pour adresser à leurs différents publics un discours de critique sociale, à travers un langage des formes ( en collaboration avec Michèle Coquet)
L’utilisation de l’art, dans le contexte migratoire actuel, pour créer des liens entre migrants et habitants et expérimenter ensemble l’espace public, sera également étudiée à travers la participation au projet Atlas of Transitions – New Geographies for a Cross-Cultural Europe à Calais, en se centrant plus particulièrement sur les liens entre migrations, musique et corps.

D’autres formes de création sont également envisagées, et notamment les fragilités induites par la précarité et la flexibilité des travailleurs de l’intelligence artificielle (A. Casilli) ; Les SHS se sont jusqu’ici penchées sur les conséquences socio-économiques du déploiement de solutions d’IA, sans s’attarder sur la phase de leur production. Mais le « back-office » de l’IA (surtout la collecte, la préparation, et le tri des données nécessaires pour calibrer les algorithmes d’apprentissage automatique) introduit des risques sociétaux spécifiques. Rémunéré.es à la pièce pour leur micro-travail, les réalisateurs de Human Intelligence Tasks sont très faiblement payés (parfois moins d’un centime). Dans le contexte actuel de ralentissement de la croissance, flexibilisation du travail et concurrence internationale accrue, le bassin de recrutement des micro-travailleurs est principalement représenté par des individus précaires. Certaines minorités, habituellement sous-représentées dans le monde du travail (porteurs de handicap, groupes racisés, femmes), sont plus nombreuses sur les marchés du micro-travail.

Autant que les technologies numériques permettent de faire tomber les barrières géographiques, ce sont parfois les ressortissants de régions et de pays à fort taux de chômage et à faible niveau de salaire moyen qui sont recrutés sur les marchés du micro-travail internationaux. Les pays d’Asie du Sud et d’Afrique réalisent les tâches les plus faiblement rémunérées (Inde, Philippines – ou pour les entreprises françaises, le Madagascar et la Tunisie). On s’inquiète alors des nouvelles précarités et des besoins en termes de droit du travail pour ces "poinçonneurs de l’IA". (Antonio Casilli)

Les recherches de cet axe explorent également les nouveaux modes de production de savoirs associant « amateurs » ou « profanes », institutions publiques et de la recherche ; confrontées à la nouvelle donne des technologies numériques, les institutions culturelles portent ainsi un intérêt croissant à la création de démarches participatives qui viennent renouveler la réflexion sur la catégorie « d’amateurs ». Les plateformes contributives culturelles émergeantes sont alors non seulement des dispositifs de transcription, mais également des « lieux de culture » où peuvent se construire de nouveaux espaces de démocratie (Marta Severo).
En matière de cinéma, l’idée est de réfléchir avec des films et leurs réalisateurs à la mise en tension entre ce qui permet aux vies d’être accueillies dans le cinéma documentaire, et ce que Gilles Deleuze nomme la fonction de fabulation au cinéma (Monique Peyrière). Le film sera envisagé comme une proposition qui ne cherche pas à « fabriquer » quelque chose ; un film qui laisse ouvertes les potentialités de ce qui se fait, avec le film, dans les territoires de colère. Un film qui ne se donne pas non plus une finalité thérapeutique, citoyenne, pédagogique. Ou pour le dire à la manière de Marielle Macé : comment faire pour ne pas « fabriquer » des formes mais accueillir « les formes qui traversent des vies réelles ou possibles, faisant émerger en elles autant d’idées du vivre »[1]. Ce qui est en jeu concerne donc la relation singulière entre le champ et le hors-champ du film, dès le tournage, dès le montage et dans l’anticipation de sa diffusion. Sous quelle forme ce qui se partage à l’occasion de ce que propose un artiste, un documentariste, un cinéaste dans un espace social choisi devient matière à partage et dans l’incertitude de la finalité devient matière à une forme nouvelle ? Explorer les manières de faire ces films c’est donc avoir l’ambition de se tenir au plus près des vies ordinaires quand elles s’emparent du cinéma pour tenter de décoller des contraintes du monde et dans cet écart ainsi construit trouver matière à rébellion, mise en mouvement d’une vie, acte premier du cinéma.

Un des axes de réflexion poursuivi dans de nombreuses recherches menées au LACI porte sur la question de l’engagement (citoyen, politique), de la posture de recherche, des formes coopératives de production des savoirs (Catherine Neveu), ainsi que sur l’implication personnelle et de la place des chercheur.es (Marina Chauliac).
Cet enjeu d’espaces démocratiques de co-production de savoirs est également très présents dans le nouveau programme scientifique du GIS Démocratie et participation, dont 2 membres du LACI sont partie prenante (C. Neveu préside son Conseil Scientifique, dont S. Wahnich est membre).


Territoires, natures, écosystèmes complexes.

Cet axe vise les transformations du monde contemporain en privilégiant la dimension environnementale, celle des relations que les individus entretiennent avec leur milieu. Il met en avant la territorialité pour rappeler le côté concret, « ethnographique », de la recherche en sciences humaines (le lien entre le local et le global ne pouvant être saisi qu’a partir du cadre empirique vécu et pensé par les acteurs). Il interroge la polysémie du terme « nature » : nature au sens déterministe (ensemble de contraintes et d’opportunités que chaque société module à sa guise) ; nature au sens constructiviste (la nature comme champ symbolique, comme espace utopique, bref, comme « invention » dont il s’agit de reconstituer, dans chaque communauté, les propriétés et les usages). La formule « écosystèmes complexes » nous rappelle le caractère systémique des faits sociaux et leur imbrication avec les faits « naturels », donc la nécessité, pour comprendre leur dynamique, de multiplier les regards et les apports disciplinaires. Chaque sujet d’étude est appréhendé dans sa complexité, comme point de convergence de plusieurs lectures légitimes (parfois complémentaires, parfois incompatibles), et dans ses connections avec les autres composantes de son ensemble. Que ce soit dans l’étude du paysage, du corps, de la perception du sauvage ou de la commensalité, la réflexion épistémologique et la vigilance critique restent au premier plan. Elles concernent les conditions de production du discours scientifique (la légitimité des modèles heuristiques et leur compatibilité, la hiérarchie des savoirs…). Elles visent à la fois la rhétorique des institutions, la démarche du chercheur (son implication personnelle, ses stratégies textuelles) le statut des témoignages récoltés sur le terrain et la manière de les interpréter. L’objectif est de repérer et analyser les nouvelles pratiques de l’environnement, les nouvelles expressions du sentiment de la nature (une nature au sens large, englobant aussi bien la réalité extérieure que le corps humain et ses représentations) sans perdre de vue leur enracinement dans l’histoire (on ne comprendra pas le contemporain en oubliant ses antécédents) et en prêtant l’oreille aux dissonances, aux controverses, au contradictions.
1) Une partie consistante des recherches du LACI porte sur les ruralités contemporaines, la gestion et la valorisation des paysages, la diversité de nos rapports à la nature (sa conservation et sa gestion), ainsi que la patrimonialisation des lieux à travers les espaces protégés et les lieux remarquables. À l’échelle européenne, à partir d’enquêtes approfondies de terrain, et dans une perspective essentiellement transdisciplinaire (sociologie, anthropologie, histoire, géographie), il s’agit d’interroger la conscience ou la prise de conscience écologique, les inquiétudes ou les remises en cause suscitées par la préoccupation environnementale et d’analyser l’évolution ou la reconstruction des rapports homme-nature. L’ensemble de ces travaux se concentre sur les nouveaux enjeux territoriaux et identitaires, les expériences de revitalisation des terroirs, la construction sociale de ces territoires, la gestion institutionnelle des espaces naturels (qu’ils soient ou non protégés), les modalités de construction et de valorisation des paysages, le rapport au climat et les relations des humains et des non-humains et notamment les nouvelles formes d’investissement symbolique des animaux (sauvages et domestiques).
Plusieurs recherches prônent le dépassement des vieux paradigmes et, tout particulièrement, de l’opposition nature-culture. Le corpus théorique qui étaye la coproduction du biologique et du culturel est en pleine effervescence depuis que la notion d’anthropocène l’a constitué en problème de société. Dans cette perspective, en s’inspirant de la « mésographie » d’Augustin Berque, Yoann Moreau aborde les questions suivantes : comment étudier des milieux sur le terrain ? Comment mener des enquêtes de milieux, et non plus seulement des enquêtes de terrain ? Comment rendre praticables et opératoires des approches complexes et mésologiques, multi-ontologiques et pluridisciplinaires pour penser et agir les milieux à l’échelle de l’observation et de la participation du chercheur ? Trois enquêtes sont actuellement en cours, sur les territoires contaminées de la préfecture de Fukushima, sur l’exode rural dans la péninsule d’Izu (japon), sur une étude comparée de la permaculture en Suisse et au Japon.
La recherche de Sergio Dalla Bernardina explore différentes sortes de frontières : les frontières ontologiques séparant les humains des non-humains ; les frontières du sens (peut-on remettre en cause les témoignages des acteurs sociaux et chercher les indices, dans leurs comportements, de significations sous-jacentes ?) - ce qui revient à poser la question des frontières disciplinaires : peut-on utiliser, dans la démarche ethnologique, des notions telles que « désir », « inconscient », « refoulement » … ? Cette problématique est née de l’étude des rituels de déculpabilisation, bien connus par les anthropologues, dévoilant le malaise - non dépourvu d’ambiguïté - éprouvé par le genre humain face à la suppression d’une vie animale ou végétale (les exemples pullulent chez les chasseur-cueilleurs ainsi que chez les éleveurs). Dans une optique comparative, l’hypothèse d’une « comédie de l’innocence » récitée sur la dépouille de nos partenaires non-humains a été étendue à la société contemporaine : quelles sont aujourd’hui les nouvelles manières de ritualiser l’ « acte sanglant » ? N’y aurait-il pas, derrière le discours ambiant sur le « bien–être animal » et la mise en spectacle de la souffrance animale, des nouvelles formes de justification, d’exploitation symbolique déguisées en remords ? Touchant des champs aussi hétérogènes que le film d’animation, les performances artistiques avec des bêtes empaillées, l’imaginaire zoophile, l’enquête porte aujourd’hui sur les ambiguïtés du militantisme animalitaire, sur la mystique de la nature et, plus largement, sur les nouveaux horizons du sentiment religieux (dernière publication en la matière : « Le Show animalitaire : Mises en scène de la souffrance animale ». in (E. Pedler éd) : La forme spectacle. Paris, Éditions de l’EHESS, 2018).
Les pratiques sociales qu’analyse Sophie Bobbé l’amènent à interroger les catégories scientifiques et vernaculaires (le sauvage, le domestique, le non-domestique, l ‘artificiel, le naturel) pour en redéfinir les contours. Cela concerne tout autant la gestion des espèces protégées (qui, une fois équipées d’appareillages de localisation, en dépit de leur statut officiel, s’apparentent de plus en plus à des animaux domestiques ) que celle des espèces réintroduites comme le vautour (devenu désormais un auxiliaire de l’éleveur au sein du système pastoral). Cette recherche se poursuit autour de la figure du monstre (de l’hybride en tant que « monstrueux ») comme médiateur symbolique permettant dépasser les limites catégorielles.
Cette remise en cause des anciens paradigmes est très présente dans la recherche de Daniel S. Milo qui revient sur le bon sens évolutionniste ( « comme toute faculté et instinct humains descendent de notre animalité, et comme dans la nature tout est fonctionnel, la poursuite de l’excellence n’est qu’un moyen. À quoi sert-elle ? À la survie individuelle et à la survie générationnelle ») pour montrer que l’être humain, en réalité, aime déléguer et peut se permettre ce luxe.

Alfredo Pena-Vega poursuit sa recherche sur les multiples conséquences du désastre nucléaire de Tchernobyl en tant que champ privilégié d’expérience de la complexité (cf. Tchernobyl, catastrophe écologique et tragédie humaine, Editions Atlantique, 2016). Sa réflexion actuelle, qui porte sur « la conscience et l’inconscience d’un désastre : Tchernobyl à travers les rêves » interroge le dépassement des frontières disciplinaires et l’élargissement radical de perspective que la complexité induit dans notre approche du réel.

Un deuxième apport s’appuie sur une recherche-action menée en collaboration avec des spécialistes des sciences humaines et des sciences naturelles auprès de 5000 lycéens dans vingt-sept pays sur les perceptions et représentations du changement climatique. Il s’agit d’interroger la prise de conscience écologique et environnementale que les jeunes se forgent à travers les « nouvelles » connaissances et par un processus de conscientisation induit par une coopér-action avec les scientifiques (« Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du changement climatique », à paraitre en septembre 2019). Cette recherche pose la question de la complexité des phénomènes par les concepts de « Complex Adaptive Systems (CAS) » et « Post normal science. » (Deux articles en collaboration sont prévus).
Plusieurs séminaires développent ces thèmes de recherche :
« Perception du climat » animé par Martin de la Soudière, Martine Tabeaud et Anouchka Vasak
le séminaire « Ruralités contemporaines », sous la responsabilité de Sergio Dalla Bernardina, Pierre Alphandéry et Michel Streith, animé depuis 20 ans par Martyne Perrot, Sophie Bobbé, Martin de la Soudière associés à 5 chercheurs de l’INRA, de l’EHESS et de l’Université. Dans une perspective pluridisciplinaire et européenne ce séminaire interroge les ruralités contemporaines. L’évolution de l’agriculture, la diversification des activités professionnelles, les nouvelles configurations des territoires témoignent des transformations remarquables du monde rural. L’émergence de l’expertise environnementale, les nouvelles formes d’habiter et de mobilités, la gestion et la valorisation des paysages, comme l’invention de nouveaux circuits de production et de commercialisation sont particulièrement observées.
« L’appropriation de la nature entre remords et mauvaise foi : la prédation comme spectacle », animé par Sergio Dalla Bernardina (séminaire qui, à partir de l’année prochaine sera axé davantage sur la question animale et s’appellera : « De l’humain animalisé à l’animal humanisé ».
« L’humanité providence et le complot de l’excellence », Daniel S. Milo
2) A l’intérieur de ce thème, un deuxième ensemble de recherches est lié à la santé, au corps et en particulier à l’alimentation. Ces domaines de recherche connaissent une expansion importante, dans une perspective transdisciplinaire s’étendant de l’anthropologie fondamentale, de l’anthropo-histoire et de la psychologie à l’analyse critique ou l’évaluation des politiques de santé publique ou encore à l’analyse de la construction des normes à travers l’appréhension des représentations et des pratiques. Les questions, fondamentales aussi bien sur le plan théorique que sur celui des politiques de santé, de l’individualisme et des problèmes de l’individualisme doivent être posées dans un contexte large, de l’historique au contemporain, du phénoménal au fondamental. Le corps à proprement parler est envisagé selon plusieurs approches : les représentations, les sensations, les sentiments, les pratiques, la séparation entre intériorité et monde extérieur (Claudine Laroche, Georges Vigarello). Dans cette démarche interdisciplinaire sont plus spécifiquement étudiées les normes individuelles et collectives, leur origine, leur diffusion, leurs transformations. Au cœur de cette interrogation s’imposent les thèmes de l’apparence physique, ses critères, ses diversités (étiquette, contenance, posture), ceux de l’identité et des sociabilités qu’elle sous-tend, ceux des consommations et des pratiques de santé, avec leur idéal très contemporain d’épanouissement et d’efficacité, mais aussi les jeux, les compétitions, les loisirs, selon le large spectre couvert par les pratiques de l’entretien de soi, les pratiques de spectacle sportif, l’investissement dans la performance et l’exploit. La question des normes physiques pose aussi celle de leur transgression, d’où l’importance donnée dans ce cadre aux conduites d’excès et d’addiction, aux incivilités, aux violences, aux crimes. Plus fondamentalement, l’intérêt porté à la présentation de soi et à la mise en scène du paraître se prolonge par celui porté à l’effervescence, aux tensions intérieures autant qu’à la consommation de soi et au dépassement de soi. Exemple d’approche multidimensionnelle sinon complexe, le corps est étudié comme un objet susceptible de données toujours repérables et situées.
Les contradictions de notre système de santé, sur lesquelles travaille Marie-Christine Pouchelle, tiennent à la fois à notre longue histoire médico-hospitalière et aux nouveaux enjeux imposés aux professionnels de santé : restructurations hospitalières, exigences de rentabilité financière, évolution des temps de travail, nouvelles technologies. Focalisant une partie de ses recherches sur la robotisation des procédures chirurgicales et l’incidence de cette dernière sur une profession en crise, Marie-Christine Pouchelle tourne son attention vers la culture chirurgicale.
3) Un dernier ensemble de recherches porte sur l’alimentation. L’alimentation constitue la voie royale pour considérer les relations homme-écosystème, puisqu’elle consiste en l’incorporation d’éléments extraits de l’environnement (local ou mondialisé) et qu’elle constitue à la fois la fonction biologique première et la fonction sociale fondamentale. Elle met en jeu - de la production ou de la collecte des ressources jusqu’à leur transformation et à leur incorporation - des mécanismes psychologiques, sociaux, culturels, économiques, réglant ou déterminant les relations entre les individus (organismes, citoyens, consommateurs), la société, la culture et les écosystèmes. Longtemps négligée par les sciences sociales, l’alimentation pose pourtant à la fois les questions les plus locales (paysages, productions locales, terroirs, identité) et les plus planétaires (sécurité alimentaire, relations internationales, santé publique), notamment celle de la simultanéité, dans le monde contemporain, d’une progression de l’obésité et d’une persistance de la faim. A travers elle, se posent aussi les questions politiques et économiques de la technique et de l’appropriation marchande du vivant ou celles de la perception du risque.
L’alimentation est certes fondatrice de la corporéité mais aussi de l’identité comme de l’altérité. Dans les sociétés contemporaines, elle pose de façon de plus en plus aiguë la question des limites de l’autonomie individuelle face à un déclin de l’hétéronomie : les pratiques alimentaires sont moins réglées par des usages culturels et de plus en plus renvoyées par le marché et la médicalisation réunis à des décisions individuelles censément « rationnelles » - un « désenchantement » quasi Weberien. Cette situation fait émerger des problématiques nouvelles : la puissance publique est de plus en plus appelée à intervenir pour orienter les consommations dans un sens plus conforme à la santé publique ; la médecine et la science sont sollicitées, y compris pour répondre, dans le cadre de l’expertise et de la prévention du risque, à des questions quelquefois dénuées de sens scientifique réel ou tenir des discours normatifs de tonalité moralisatrice et de légitimité scientifique fragile ou éphémère. Une cacophonie de prescriptions et de prohibitions s’élève, au sein de laquelle les individus se trouvent de plus en plus fréquemment désorientés et d’autant plus demandeurs de directives que les divers marchés s’empressent de vouloir fournir.
Evelyne Ribert compte poursuivre l’analyse des données tirées de l’ANR Alimi (2009-2012). L’objectif de ce projet ANR (2009-2012) est d’étudier les styles alimentaires (pratiques, représentations et normes) de deux groupes de migrants en France ainsi que de leurs enfants : les Marocains et les Maliens. L’enjeu est de mettre au jour et d’analyser les évolutions observées depuis leur pays d’origine et les effets de la migration, d’abord vers les grandes villes dans le pays d’origine, puis vers la France. Un article est en cours de finalisation avec Natacha Calandre sur les différences d’alimentation entre les migrants et les enfants de migrants en Île de France. Il analyse les mécanismes de changements alimentaires des enfants nés en France de parents migrants, qui ont jusqu’à présent été peu explorés dans la littérature.

Dans une logique de croisement disciplinaire, Ghislaine Richard aborde le thème de l’alimentation dans une perspective psycho-sociale et socio-anthropologique en combinant des approches méthodologiques qualitatives et quantitatives.
Dans une première série de recherches - mettant l’accent sur la dimension commensale voire hédonique de l’acte alimentaire – elle s’intéresse à la place qu’occupe l’alimentation dans le bien-être et la satisfaction de vie des enfants notamment selon que les repas soient pris à la cantine ou à leur domicile. Une première recherche « Ré-enchanter la cantine », financée par la Fondation Nestlé France, a été réalisée du 1er sept. 2013 au 30 juin 2016. L’intérêt pour cette thématique va se poursuivre en s’étendant notamment à d’autres classes d’âge, aux repas du soir, et dans le cadre d’interventions auprès d’organisations professionnelles, de prestataires de la restauration scolaire ou des municipalités.
Une deuxième série de recherches porte sur les liens entre décisions, comportements et changements alimentaires, en se détachant de l’idée longtemps partagée par les nutritionnistes d’un mangeur purement rationnel et seul maître dans ses choix. Elles visent à une compréhension « critique » et actualisée des pratiques alimentaires, en tenant compte des multiples évolutions qui transforment notre rapport à l’alimentation : la remise en question de l’efficacité des régimes, l’émergence de nouveaux modes d’approvisionnement ou encore le boom de la livraison des repas sur le lieu de travail ou à domicile. Dans cette perspective, une étude innovante intitulée « Quand les repas s’invitent à domicile : étude des conditions d’émergence de nouvelles pratiques alimentaires » va se dérouler de juin 2019 à mai 2021 en collaboration avec S. Bobbé, anthropologue au LACI. Financée par la Fondation Nestlé France, cette étude se propose d’étudier les conséquences du recours croissant à la livraison de repas à domicile via les plateformes numériques (FoodTech) sur les pratiques alimentaires des foyers en région francilienne. L’emploi d’une méthodologie mixte, à savoir l’administration d’un questionnaire et l’étude des comportements alimentaires des foyers in-situ, permettra de mieux comprendre ces nouveaux modes de consommation des repas et leur ancrage dans la culture alimentaire française.

Le projet d’Estelle Masson porte sur l’analyse de l’articulation du rapport à l’alimentation et des nouvelles préoccupations environnementales et sociétales dans un contexte mondial marqué par la pression démographique, les incertitudes liées au climat et une prise de conscience de la limitation des ressources naturelles. Dans le cadre du projet BAKERY (ANR 2014-2018) Diversité et interactions d’un écosystème agro-alimentaire ‘ Blé/Homme/Levain’ à faible intran : vers une meilleure compréhension de la durabilité de la filière boulangerie, elle s’est intéressée tout particulièrement au rôle des valeurs pro-environnementales dans les représentations sociales de l’alimentation comme déterminant des pratiques professionnelles et de consommation. Ce projet, qui a impliqué des chercheurs issus de différentes disciplines (biologie microbienne, génétique, statistiques, épidémiologie des population, psychologie, sociologie), des professionnels de la boulangerie biologique et des consommateurs, a mis en évidence que :
-  les représentations du levain guident les pratiques boulangères en général et celles d’entretien du levain en particulier
-  les pratiques boulangères impactent la composition microbienne des levains et leur diversité
-  les pratiques de don, d’échange et/ou de mélange des levains entre professionnels contribuent à la circulation territoriale d’une biodiversité amplifiée
-  les systèmes alternatifs de formation et de transfert des savoirs contribuent à augmenter la résilience des boulangers et des écosystèmes
Un nouveau projet associant sciences sociales et biologie est en cours d’élaboration. Il regroupe dans une approche participative et collaborative les partenaires ayant contribué au projet initial. Son objectif est d’approfondir les connaissances relatives aux liens entre représentations sociales, pratiques professionnelles et biodiversité en étendant le spectre d’investigation aux pratiques de culture des blés déployées par les paysans-boulangers.

Présentation de la revue Communications

Revue thématique semestrielle, Communications a été créée à l’automne 1961 par Georges Friedmann, Roland Barthes et Edgar Morin. Devenue une publication de référence sur l’étude des communications de masse et les analyses sémiologiques en France, elle a rapidement acquis un rayonnement international. Depuis les années 1980, elle a élargi sa perspective à toutes les questions concernant l’homme et la société, en privilégiant les pistes de recherches nouvelles et en favorisant une transdisciplinarité exigeante. Les thèmes traités sont ainsi abordés au croisement de la sociologie, de l’anthropologie, de l’histoire, mais aussi selon les sujets, de la philosophie, de la psychanalyse ou d’autres disciplines (médecine ou biologie notamment). La revue publie des articles inédits de scientifiques renommés comme de jeunes chercheurs, français et étrangers. Plus de 1500 contributions sont désormais directement accessibles. Avec, parmi bien d’autres, des articles de Theodor W. Adorno, Roland Barthes, Umberto Eco, Moses Finley, Philippe Ariès, Tzvetan Todorov, Félix Guattari, Serge Moscovici, Mary Douglas, Clifford Geertz, Jacques Le Goff... La très riche collection de la revue depuis 1960 est accessible sur le portail Persée, avec une barrière mobile de deux ans. Les numéros récents sont accessibles en ligne sur Cairn.
Depuis 2017 la revue lance des appels à contributions pour chaque numéro. Le comité de rédaction se réunit tous les deux mois.


Pour mémoire, on pourra se référer pendant quelque temps aux pages décrivant l’activité durant la période 2012-2017 des équipes suivantes :

Centre Edgar-Morin
Tram