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La fabrication du sujet politique. Réflexivité, subjectivités et pouvoir

par Chrystèle Guilloteau - publié le

PROGRAMME 2016-2017

La fabrication du sujet politique. Réflexivité, subjectivités et pouvoir

Alban Bensa, directeur d’études de l’EHESS (TH) ( IRIS )
Manon Capo, doctorante à l’EHESS ( IRIS )
Daniele Inda, doctorant à l’EHESS ( IRIS )
Julie Métais, contrat postdoctoral à l’EHESS ( IIAC-LAHIC )

4e vendredi du mois de 9 h à 13 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 28 octobre 2016 au 23 juin 2017. La séance du 28 octobre est annulée. La séance du 25 novembre est avancée au 21 novembre (de 14 h à 17 h, salle des artistes, 96 bd Raspail 75006 Paris)

Dans cet atelier, nous explorerons les potentialités heuristiques d’une approche réflexive et attentive aux subjectivités pour l’étude du phénomène politique.

Cette approche consiste à éclairer au plus près les actions et les positionnements tant stratégiques qu’affectifs des personnes qui participent à l’enquête, ainsi que la dimension interlocutoire des situations ethnographiées, leur temporalité et leur inscription dans des contextes marqués par des rapports de force eux-mêmes politiquement et historiquement construits. Cette approche a des implications épistémologiques importantes quant à la production et la restitution de nos « matériaux ». Nous prêterons une attention particulière à la façon dont l’enquête et, plus globalement, le savoir anthropologique, peuvent être pris dans les situations observées. En outre, quand les « matériaux » sont des documents – personnels ou institutionnels, d’archives, graphiques ou écrits, etc. –, nous explorerons les dispositifs qui permettent d’y repérer l’expression subjective, le destin singulier, les intérêts et les stratégies de ceux qui y sont mis en scène et/ou de ceux qui les ont produits. Enfin, nous nous interrogerons sur le travail de mise en texte de l’enquête ethnographique ainsi envisagée, en nous attachant notamment aux outils narratifs que les sciences sociales peuvent déployer.

Ces choix épistémologiques nous conduisent à apporter sur l’objet politique un éclairage que ne permettraient pas des approches plus totalisantes. Ils sont particulièrement à même de déboucher sur une appréhension fine des rapports ordinaires au politique et de leurs processus d’élaboration, au sein et en dehors des lieux formels du pouvoir. Les propriétés et processus mis en lumière ne sont plus seulement ceux de la politique en tant que domaine séparé et spécialisé, mais ceux du politique comme aspect de la vie sociale globale (Balandier, 1967) touchant aux rapports de pouvoir, d’autorité, de compétition à l’œuvre dans la cité au sens classique du terme (ou plutôt d’une cité donnée). Ces choix permettent de saisir tant les contraintes (effets de conjoncture, rapports de force, etc.) qui délimitent l’espace des possibles (Pierre Bourdieu, 1980) auquel sont confrontés les individus dans une situation concrète et à un moment donné, que d’analyser les marges de manœuvre dont disposent les sujets, les stratégies qu’ils développent, et les négociations qu’ils mettent en place.

Ces pistes intellectuelles seront explorées à partir de situations ethnographiques spécifiques, selon trois axes :

1. Figures de la médiation, figures du pouvoir ;
2. Pouvoir, marges de manœuvre et négociations ;
3. Du public au privé et inversement.

Les séances seront organisées autour d’invité-e-s-chercheur-e-s, principalement anthropologues mais également issu-e-s d’autres disciplines (sociologie, histoire, philosophie, sciences du langage). Ceux-ci seront invités à nous faire part de la façon dont leurs travaux font écho à notre proposition de travail, éclairent l’un des trois axes de réflexion proposés sur le pouvoir.