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Accueil > L’ Iiac > Activités scientifiques > Séminaires et enseignements de l’IIAC 2016-2017

Mémoires et patrimonialisations des migrations

par Chrystèle Guilloteau - publié le

PROGRAMME 2016-2017

Mémoires et patrimonialisations des migrations

Michèle Baussant, chargée de recherche au CNRS, Centre de recherche français de Jérusalem, Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative ( Hors EHESS )
Marina Chauliac, anthropologue au ministère de la Culture, DRAC Rhône-Alpes et chercheure associée au IIAC/CEM ( IIAC-CEM )
Irène Dos Santos, chercheure associée au IIAC/CEM et Centro em Rede de Investigaçao em Antropologia (Lisbonne) ( Hors EHESS )
Évelyne Ribert, chargée de recherche au CNRS ( IIAC-CEM )
Nancy Venel, maître de conférences à l’Université Lumière (Lyon-II), Laboratoire Triangle ( Hors EHESS )

3e jeudi du mois de 13 h à 17 h (salle 10, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 17 novembre 2016 au 15 juin 2017

Depuis 2010, le séminaire « Mémoires et patrimonialisations des migrations » a engagé une réflexion sur les mécanismes qui visent à transformer les mémoires singulières des migrations en mémoires collectives et en une forme de patrimoine. L’année 2016/2017 permettra d’approfondir deux aspects abordés les années précédentes : les initiatives mémorielles et patrimoniales sont généralement présentées par les institutions ou les associations comme répondant au désir des migrants ou de leurs descendants, voire émanant d’eux. Elles sont en outre souvent fondées sur le principe d’une co-construction entre les institutions et les intéressés ou les acteurs associatifs. Or différentes enquêtes montrent que la participation de la population, dans son ampleur comme dans ses modalités, s’avère extrêmement variable. À quelles conditions, comment et sous quelle(s) forme(s) les héritiers de l’immigration sont-ils amenés ou non à participer à des projets collectifs, comme des expositions par exemple, en lien avec les mémoires des migrations ? Quel rôle jouent-ils dans ces initiatives au côté des institutions et quelle forme revêt la collaboration entre eux ?

Cette question sera notamment abordée à travers l’analyse de la patrimonialisation (ou non) des traces et des sites délaissés voire déclassés, perçus comme des lieux de souffrance ou de misère, qui constituent, si l’on reprend les termes de Sophie Wahnich, un « patrimoine négatif ». Quels sont les acteurs qui les patrimonialisent, avec quels arguments et à travers quels processus et quels sont ceux qui, au contraire, préconisent l’effacement des traces ? Quel temps doit, suivant les cas et les contextes, s’écouler pour qu’une telle patrimonialisation soit possible ? Ces différentes questions seront traitées dans des séances mettant en discussion l’intervention d’un chercheur travaillant sur les mémoires des migrations et celle d’un chercheur étudiant les phénomènes mémoriels et patrimoniaux en général, afin de déterminer s’il existe une spécificité des mémoires des migrations.

17 novembre 2016 :

Introduction générale
Chantal Crenn (Université Bordeaux Montaigne, Cnrs LAM, IEP Bordeaux), « Gastronomie marocaine et aide alimentaire : un mariage arrangé à la sauce viticole ? »
Il est fréquent d’entendre dire que ceux qui bénéficient de l’aide alimentaire sont mal nourris (produits émanant des banques alimentaires fournis par les surplus des Supermarchés, des aliments venant des PEAD), qu’ils sont en surpoids et qu’ils ne développent aucun intérêt pour les questions culinaires. Pourtant, dans les épiceries sociales et solidaires situées entre Saint-Emilion et Bergerac, gastronomie et pauvreté ne semblent pas antinomiques. A partir de l’observation d’ateliers cuisines, je me pencherai particulièrement sur les processus d’hybridations, les enjeux identitaires liés à la gastronomie lorsque les dits « bénéficiaires », les chefs cuisiniers font figures d’« étrangères » (même s’ils sont de nationalité française). Appartenant à des familles d’ouvriers agricoles venus du Maroc (essentiellement) qui se sont installées là il y a 40 ans, comment ces femmes obligées de s’approvisionner dans les épiceries ou animant des ateliers cuisines perçoivent-elles leur place, leurs « héritages » culinaires ? Comment se retrouvent elles instituées comme de nouveaux prophètes patrimoniaux ?