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L’incertitude et ses enjeux

par Chrystèle Guilloteau - publié le

PROGRAMME 2016-2017

L’incertitude et ses enjeux

Martin de La Soudière, chargé de recherche au CNRS (*) ( IIAC-CEM )

Alfredo Pena-Vega, enseignant-chercheur à l’Université de Poitiers ( IIAC-CEM )

3e mercredi du mois de 17 h à 19 h (salle 11, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 16 novembre 2016 au 17 mai 2017. Séance supplémentaire le 14 décembre (salle 7, 105 bd Raspail 75006 Paris)

L’incertitude est notre lot, non seulement dans l’action, mais aussi dans la connaissance. La condition humaine est ainsi marquée par deux grandes incertitudes : l’incertitude cognitive et l’incertitude historique. Or les incertitudes sont des stimulants de l’attention, de la vigilance, de la curiosité, de l’inquiétude qui, à leu tour, stimulent de nouvelles stratégies cognitives. Car c’est bien l’incertitude et l’ambigüité, non de la certitude et de l’univocité, qui favorisent le développement de nos connaissances.

Pour la deuxième année consécutive, et à l’occasion de la prochaine conférence mondiale du changement climatique – COP22 à Marrakech –, la question d’une « nouvelle conscience du climat » sera au centre des débats dans ce séminaire. Nous tenterons cependant d’étudier les dimensions socio-écologiques, biologiques, anthro-paléontologiques économiques éthiques des incertitudes à partir des diverses modalités de son appréciation : en tant qu’imprévisibilités, aléa, hasard, risques, catastrophes, etc.

16 novembre 2016 : Catherine Larrère, philosophe de l’environnement, professeur émérite à l’Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne, Raphaël Larrère, agronome, sociologue à l’INRA "Les relations entre l’hypothèse de l’anthropocène et l’imprévisibilité d’un monde incertain."

L’anthropocène : le terme a été proposé par des scientifiques pour qualifier une nouvelle époque géologique, au cours de laquelle l’humanité, par l’ensemble cumulé des ses activités et de la puissance technique qu’elle a acquise est devenue la principale force géophysique, entraînant un changement climatique et contribuant à une érosion massive de la biodiversité. Il s’agit d’abord d’une période d’incertitude. Incertitude épistémologique (capacité limitée de prévision des conséquences) associée à une incertitude ontologique (à la stabilité relative de l’holocène succède une époque d’instabilité). L’adoption de l’hypothèse « anthropocène » a conduit à deux réactions opposées : triomphaliste (la géoingénierie) et catastrophiste. Dans les deux cas, l’incertitude est remplacée par une conviction : la certitude que l’on trouvera une solution sans remettre en cause notre façon d’habiter la terre, ou celle d’une inéluctable catastrophe à laquelle il faudra bien s’adapter. La force de séduction du catastrophisme, comme de la géoingénierie, c’est qu’ils donnent un sens à l’histoire. Prendre la mesure de la situation actuelle et de la crise systémique dans laquelle sont engagées les dynamiques économiques, technologiques, sociales et démographiques suppose-t-il un nouveau grand récit donnant sens à l’histoire, ou bien d’admettre que nous sommes confrontés à l’incertain et donc à une pluralité d’histoires possibles entre lesquelles il nous reste la liberté de choisir.

14 décembre 2016 : Luis M. Flores (professeur à l’Université Catholique du Chile) « Conscience et citoyenneté : appréhender les relations entre tout les parties ».

18 janvier 2017 : Michel Brunet (professeur du Collège de France), « Évolution et milieux »

15 février 2017 : Gilles Bœuf (professeur émérite, Université Pierre et Marie Curie, ancien président du Muséum national d’histoire naturelle), « La biodiversité, de l’océan à la cité »