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Mésologiques, V. La genèse des milieux humains : anthropisation, humanisation, hominisation

par Chrystèle Guilloteau - publié le

¨PROGRAMME 2016-2017

Mésologiques, V. La genèse des milieux humains : anthropisation, humanisation, hominisation

Augustin Berque, directeur d’études de l’EHESS (*) ( CCJ )

Cet enseignant est référent pour cette UE
Luciano Boi, maître de conférences de l’EHESS (TH) ( CAMS )
Romaric Jannel, doctorant à l’EPHE ( Hors EHESS )
Yoann Moreau, postdoctorant à l’EHESS ( IIAC )

S’il s’agit de l’enseignement principal d’un enseignant, le nom de celui-ci est indiqué en gras.

2e et 4e vendredis du mois de 18 h à 20 h (amphithéâtre François-Furet, 105 bd Raspail 75006 Paris), du 25 novembre 2016 au 9 juin 2017

L’intitulé « anthropisation, humanisation, hominisation » fait allusion à la thèse mise en avant par André Leroi-Gourhan, dans Le Geste et la parole (1964), au sujet de l’émergence de notre espèce, Homo sapiens. Par « anthropisation », entendons la transformation physique de l’environnement terrestre sous l’effet des systèmes techniques de l’humanité ; par « humanisation », sa transformation sémantique sous l’effet de nos systèmes symboliques ; et par « hominisation », l’effet en retour de ces transformations sur celle de l’animal en humain.

Sans l’invoquer, cette thèse était l’illustration même du propos de la mésologie contemporaine, telle que l’ont fondée l’Umweltlehre d’Uexküll et le fûdoron de Watsuji ; à savoir le couplage dynamique de tout être vivant (Uexküll), humain en particulier (Watsuji), avec le milieu singulier (Umwelt, fûdo) qui lui est propre en tant que sujet, et qui ne doit donc pas être confondu avec l’environnement universel (Umgebung, kankyô) que, de son point de vue transcendantal (le « regard de nulle part »), considère la science moderne – en l’occurrence l’écologie, qui est une science de l’environnement et non, comme la mésologie, une science des milieux, autrement dit une éco-phénoménologie et une bioherméneutique. L’objet central de la mésologie n’est pas l’environnement, c’est le couplage dynamique de l’être et de son milieu propre – cela qu’Uexküll a nommé le « contre-assemblage » (Gegengefüge) de l’animal et de son milieu, et Watsuji la « médiance » (fûdosei), qu’il a définie comme « le moment structurel de l’existence humaine » (ningen sonzai no kôzô keiki).

C’est ce couplage dynamique, dans ses effets et ses effets en retour, qu’il s’agit ici de saisir. Si l’on peut considérer l’anthropocène comme un effet d’anthropisation, alors il faut donc s’interroger aussi sur les contre-effets de l’anthropocène sur l’être humain et ses systèmes techno-symboliques ; et réciproquement, dans la triple interaction susdite : anthropisation, humanisation, hominisation, tant d’un point de vue rétrospectif (l’évolution, l’histoire) qu’actuel et prospectif (l’état et l’avenir de nos sociétés sur la Terre).

Programme :

25 novembre 2016 :

Luciano BOI : « Individuation ontogénétique des organismes biologiques et singularisation de l’espèce humaine ».
Jean-Pierre LLORED : « L’hypothèse de l’externalisation des fonctions du corps animal : analyse et perspectives ».

9 décembre 2016 :

Diogo QUEIROS-CONDÉ : « Entropie et géométrie trans-échelle de l’anthropocène : pour une mésologie aux grandes échelles ».
Anne SIMON : « Trouble dans l’anthropisation : l’élevage industriel en littérature ».

13 janvier 2017 :

Jean-Hugues BARTHÉLÉMY : « L’humanisme décentré ».
Florence BRUNOIS-PASINA : « L’attachement comme mise en partage des mondes humains et non humains dans l’apprivoisement réciproque des êtres chez les Kasua de Nouvelle Guinée ».

27 janvier 2017 :

Claudine COHEN : « L’art rupestre et pariétal préhistorique comme "marque", anthropisation de la nature ».
Claude CALAME : « Avenir de l’homme et de son environnement : au-delà de l’opposition nature/culture ».

24 février 2017 :

Dominique DOLISY : « Serions-nous capables de vivre dans une ère « post-Fukushima » à la française ? ».
Yoann MOREAU : « L’hominescence. Pour penser le couple humanité/planète ».

10 mars 2017 :

Françoise DOUAY : « Réflexions mésologiques sur les figures de sens ».
Isabelle FAVRE : « Le poète et la panthère, ou le paysage comme expérience ».

24 mars 2017 :

Frédéric FRUTEAU DE LACLOS : « Modes d’existence et genres de connaissance. Une approche interdisciplinaire des milieux de vie ».
Frédéric JOULIAN : « Le monde mis à distance… le temps de l’évolution ».

28 avril 2017 :

Lionel LASLAZ : « Est-ce ainsi que les hommes protègent ? ».
Noémie MERLEAU-PONTY : « Milieux de culture ».

12 mai 2017 :

LIU Nan : « L’érémitisme et la quête d’immortalité dans les milieux lettrés en Chine des Wei-Jin (IIIe-Ve siècle) : retournement du monde et émergence du paysage (shanshui 山水) ».
Ursula WIESER-BENEDETTI : « Cruelle Arcadie. Genèse d’un paysage : les grands jardins paysagers et la transformation de la campagne anglaise aux 18e et 19e siècles ».

9 juin 2017 :

Frédéric GIRARD : « Individu et environnement : Où commence et où finit le vivant dans le bouddhisme japonais ? ».
Augustin BERQUE : « Anthropocène et transhumanisme ».